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Sujet : Être temporels nous fait-il libres ou esclaves ?

Définitions des termes :
  • être : Du latin esse, « être ». 1) Verbe : exister, se trouver là. En logique, copule exprimant la relation qui unit le prédicat au sujet (exemple : l'homme est mortel). 2) Nom : ce qui est, l'étant. 3) Le fait d'être (par opposition à ce qui est, l'étant). 4) Ce qu'est une chose, son essence (exemple : l'être de l'homme). 5) Avec une majuscule (l'Être), l'être absolu, l'être parfait, Dieu.
  • fait : Ce qui est ou ce qui arrive, et qui se donne ou même s'impose à nous dans l'expérience. On distingue souvent le fait brut, qui s'offre immédiatement à l'observation dans l'expérience ordinaire, et le fait construit (fait scientifique), qui résulte d'une élaboration théorique et expérimentale (Bachelard appelle «phénoménotechnique» cette construction du fait). Cependant, même le fait brut est imprégné de théorie, même s'il peut s'agir d'une théorie pré-scientifique, c'est-à-dire de préjugés. Le fait (ce qui est) se distingue par principe du droit (ce qui doit être). De même, une question de fait porte sur le pourquoi ou le comment, alors qu'une question de droit porte sur la valeur et la légitimité. On oppose l'état de fait à l'état de droit, c'est-à-dire conforme au droit (légal ou légitime).
  • libre : sans entrave, en faisant ce que j'ai décidé de faire, maître de ma vie autant que je le veux.

Extrait du corrigé : Sur les ailes du temps, nous courons vers la mort. «Ô temps, suspends ton vol », écrit Lamartine, dans Le Lac. Or, c'est ici que se manifeste notre condition d'esclaves, notre situation de dépendance extrême. Entraîné dans le temps, je suis confronté à mon « non-être ». Mon présent m'échappe; mon passé est déjà in- , existant et mon futur, qui n'est pas encore, est, lui aussi, souffle ténébreux. Donc si, en tant qu'être temporel, je suis non-être, je saisis ici mes limites. Le temps est cause de mon impuissance car il me signale, en permanence, mes manques et mes bornes. On ne peut descendre deux fois le même fleuve et, en outre, le temps consacre mon impuissance par la mort qu'il contient en lui. N'est-ce pas dans le temps que tout est engendré et détruit ? L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive; Il coule, et nous passons ![.

Être temporels nous fait-il libres ou esclaves ?

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